La marge brute n’est plus à la marge

En 2014, un groupe de travail s’est créé pour repenser la contribution au collectif.

Ce groupe de travail présentait l’avancée de ses travaux lors de l’assemblée générale des associé•e•s du 18 décembre 2014.

Le 2 janvier 2015, la direction de Coopaname adressait une lettre aux coopanamien•ne•s concernant la nouvelle règle de calcul de leur contribution financière. 

La réforme dite «de la marge brute» était lancée. Et Romain était encore là pour en parler…

Romain truchi - ex responsable de Coopaname Nanterre

 

Avant de laisser sa place dans l’équipe pour partir vivre de nouvelles aventures loin de l’Île-de-France, Romain Truchi - alors encore responsable de l’établissement de Nanterre - se laissait aller à quelques bavardages sur la réforme du calcul de la contribution des coopanamien•ne•s aux fonctions mutualisées de la coopérative.

Comment expliques-tu aux membres de la coopérative ce changement ?

 Voté à la dernière assemblée générale (AG), le nouveau mode de calcul n’englobe plus les frais d’achat de matières premières ou de produits, ni la sous-traitance.

La contribution s’applique uniquement à la marge brute.
Passer d’une contribution de 10 % sur le chiffre d’affaires à 11,5 % sur la marge brute répare une inégalité pour les artisans, les créateurs, les activités d’achat-revente ou avec sous-traitance, au sein de notre coopérative.
L’objectif de Coopaname a été de mettre en place un système équitable pour tous alors que le résultat global de la coopérative reste inchangé.

 Quelles sont d’ailleurs leurs réactions sur le terrain ?

 C’est un soulagement pour les créateurs, les jardiniers, les artisans… car cette nouvelle situation leur donne une respiration. Avant, quand une créatrice vendait ses sacs 220 euros TTC l’unité, les 100 euros d’achat de matières premières nécessaires à sa fabrication étaient englobés dans le calcul des 10 % sur le chiffre d’affaire. Un communicant, faisant appel à des prestataires extérieurs, se trouvait également pénalisé car il ne séparait pas sur ses notes de frais la part de la sous-traitance de ses frais habituels.

Autre conséquence : Coopaname est en train de repenser la présentation des notes de frais, notamment pour les missions des prestataires de services. Depuis ce début d’année, un nouveau chantier a été lancé pour recenser et analyser les pratiques de facturation interne, mais aussi pour systématiser l’enregistrement des frais de mission qui sont généralement bien trop faibles.

Les coopanamien•ne•s prestataires de services pourraient ainsi compenser l’augmentation de la contribution. Concrètement, il leur suffirait de les rassembler sur une fiche dédiée.

Comment assurer l’information au sein de la coopérative ?

 Nous devons continuer à communiquer pour répondre aux attentes de l’ensemble des coopanamien•ne•s. Le changement du mode de calcul a donc constitué le cœur du débat de la dernière AG ouverte à tous les membres de la coopérative, associé•e•s ou non.

 

Propos reccueillis par Sophie Talayrach