Coopaname - entreprendre autrement

LETTRE D'INFOS

 Se désinscrire

RECHERCHE D'INFOS

aide

L'entrepenariat collectif - Qu'est ce que c'est ?La coopérative - Qui sommes-nous ?Les entrepreneurs - Qui sont-ils ?

Portraits

Alice et les mots...

et Martine Paulais

 - © DR

Pour tous ceux qui aimeraient passer au travers du miroir d'Alice et les mots, ce portrait les entraîne dans l'univers ludique des ateliers d'écriture.
Comment en vient-on à la création et à l'animation d'un atelier ?
Que fait et ne fait pas l'animateur ?
Quels sont les diverses approches ?
Pourquoi vient-on écrire en atelier, quelles sont les attentes des participants ?
Enfin, qu'est-ce que ces ateliers ont changé dans la pratique de l'écriture personnelle ?
A ces vastes questions, Martine Paulais répond en nous livrant son expérience et quelques convictions.

Alice et les mots, c'est toute une gamme d'ateliers allant de l'atelier régulier à l'année aux ateliers thématiques sur la poésie, les formes brèves, ou sur des sujets moins attendus comme l'écriture gourmande. L'accompagnement individuel et l'aide à la réécriture de son propre manuscrit sont également possibles. Mais il s'agit toujours d'écriture créative, celle que l'on trace pour son plaisir.
On garde une dimension ludique même lorsqu'il s'agit de travail sur les textes.


Des choix artistiques

Après une expérience dans la presse et la communication, dans les années 80-90, Martine a fait ses choix : priorité à ses écrits personnels.
Mais de ces écrits, elle n'en montre rien à personne jusqu'en 1989, année où un écrivain, chez Gallimard, défend son manuscrit et prend le temps de lui en parler.
Le déclic viendra du théâtre, lorsqu'en 1992 France Culture diffuse sa première pièce.
Par la suite, Martine va travailler en collaboration avec des metteurs en scène, des chorégraphes, mais aussi des plasticiens.
" J'aime beaucoup travailler avec ceux qui sont dans d'autres domaines artistiques. J'aime bien les mélanges."
Depuis ces années-là, l'œuvre personnelle s'enrichit régulièrement de nouvelles, puis de poésie, sans oublier le théâtre.

Ecrire et animer

Martine a suivi quelques ateliers d'écriture, au cours des années 80, dans le sillage d'Elisabeth Bing, l'une des initiatrices de cette nouvelle pratique culturelle.
"Mais je n'ai pas commencé ma carrière en suivant des ateliers. J'avais une expérience personnelle et professionnelle de l'écriture avant de m'intéresser à ceux-ci."
Ce n'est que beaucoup plus tard qu'elle se donne les moyens d'animer un atelier. Alors qu'elle travaille dans un foyer universitaire, elle découvre ses qualités d'animatrice et fait le lien avec l'écriture.
" Avant cela, je ne me sentais à ma place nulle part. Ni dans le journalisme, ni dans la communication. Ce n'est pas ce type d'écriture qui m'intéressait. C'était un passage, mais je ne savais pas encore vers quoi."
Un passage qu'il faut un peu de temps et de patience pour découvrir.
" Je pensais naïvement qu'il suffisait d'être écrivain pour animer ces ateliers. On peut bien sûr être un bon écrivain et être nul en animation."

Apprendre à animer

Accueil, écoute et respect des participants, gestion d'un groupe, Martine apprend tout cela en suivant la formation d'Aleph-Ecriture, l'une des principales associations sur le terrain des ateliers.
"J'ai appris à être très attentive à l'écriture des autres et prudente dans mes réactions. C'est un moment où les personnes sont extrêmement sensibles et réceptives. Lors de mes premiers ateliers, ce qui m'a troublé, c'est la confiance qu'ils accordent d'emblée à l'animateur. Il faut se montrer à la hauteur."
Pour cela, l'on doit souvent commencer par déjouer les blocages propres à l'écriture, grâce à ces outils appropriés que sont les exercices. Mais par la suite, il faudra que chaque participant apprenne à considérer ses écrits comme un matériau à travailler. On prendra conscience que ses textes s'adressent à des lecteurs, en premier lieu les membres du groupe. La décision de la réécriture viendra alors plus facilement si l'on veut que ses écrits soient socialisables, puis éventuellement médiatisés.
Certains peuvent se contenter de produire constamment le même genre de textes sans se poser cette question de la progression formelle. Dans les ateliers de Martine, il est essentiel d'accepter de fournir ce travail sur la forme.
"Il faut être à côté d'eux, et les emmener gentiment vers leur écriture personnelle."

Comment se déroule aujourd'hui un atelier ?

En règle générale, l'animateur fait des propositions d'écritures, parfois étayés par des lectures d'auteurs. S'ensuit, pour les participants, un temps d'écriture, puis un temps de lecture en commun permettant l'écoute et l'appréciation des textes.
Nul besoin d'une longue pratique pour participer. Mais comme pour d'autres pratiques culturelles, il convient d'éviter un certain consumérisme.
"J'ai besoin que mon travail ait un sens. Les ateliers sont ouvert à tous, à condition que l'on ait vraiment envie d'écrire."
Dans un atelier régulier, il est parfois difficile d'obtenir des niveaux homogènes de pratique.
Il peut y avoir aussi de grandes différences concernant les attentes. Le problème apparaît moins dans les ateliers thématiques.
"Pour ceux qui ont peu écrit, je conseille le stage sur les formes brèves avant de les accepter dans un atelier sur la nouvelle."

L'atelier d'écriture en pratique

A présent Martine a trouvé un équilibre professionnel où les ateliers d'écriture créative et la pratique personnelle se complètent et s'enrichissent.
"Cela n'aurait bien sûr aucun sens si mon travail d'animatrice devait empiéter sur mon travail d'écriture."
Ecrivain et animatrice, Martine sait précisément ce qu'elle recherche dans la conduite d'un atelier : " Ce qui m'intéresse ce sont les rapports humains. Et la découverte d'autres écritures. Ce grain de l'écriture, avec ses faiblesses et ses tremblements."
Pour concevoir un tel atelier, il faut pour le moins puiser dans ses lectures, entretenir sa curiosité littéraire."La préparation, ce n'est pas juste une heure avant l'atelier."
Une réalité souvent méconnue par les structures qui emploient un animateur. Mais les heureuses expériences ne font pas défaut, comme ce travail en collège proposé par la Maison des Ecrivains : "J'ai eu des enfants turbulents mais aussi curieux et enthousiastes. Certains, bloqués au début, se sont tout à coup épanouis lors des dernières séances d'écriture."
A défaut d'être employé par une structure culturelle, il faut proposer ses prestations aux particuliers et aux entreprises, savoir se démarquer et se faire reconnaître. Plutôt que de partir dispersés dans cette bataille, Martine et quelques anciens d'Aleph-Ecriture se sont regroupés au sein d'un collectif pour réfléchir sur les pratiques et les enjeux des ateliers, organiser des soirées découvertes.

Ecrire mieux, lire autrement

La pratique des ateliers d'écriture a t-elle modifié quelque chose dans notre approche de la création littéraire ?
Pour Martine, tous ceux qui ont eu recours aux ateliers d'écriture ont un regard plus aiguisé sur ce qu'ils lisent. Ils sont devenus des lecteurs formés. Lecture et écriture sont alors plus que jamais indissociables.
"Plus on écrit, plus on devient un lecteur exigeant."
Ce qui n'est pas le moindre des mérites que l'on peut attribuer aux ateliers et à leurs animateurs.

Il ne reste qu'à livrer passage à Alice et les mots, et découvrir son blog où l'on trouvera stages et formations pour tous.

En savoir plus : boitealice.wordpress.com