L'ayurvéda, ce n'est rien de moins que la connaissance de la vie, un système de santé indien vieux de 5000 ans.
Après une expérience d'esthéticienne, Aurélie a voulu découvrir ce que renfermait notre "enveloppe extérieure". L'Ayurvéda lui enseigne une autre dimension du massage, souvent ignorée en Occident.
Comment assimiler peu à peu ces pratiques millénaires ? Comment les adapter aux modes de vie occidentales ? Comment obtenir une reconnaissance de leurs valeurs thérapeutiques ?
Consciente de ces difficultés, Aurélie pense qu'une ouverture est possible dans ces domaines.
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Aurélie obtient un BTS d'esthéticienne, sans jamais perdre de vue sa première vocation : le secteur para-médical, en particulier le métier de sage-femme. Elle propose à présent une prestation particulière pour les femmes enceintes.
Puis, vie active oblige, elle travaille dans les centres de SPA (Sanitas Per Aqua) qui s'imposent sur le modèle américain. Dans ce contexte, elle découvre son domaine de prédilection : le massage.
"Les gens devaient sentir autour de moi que cela me plaisait vraiment".
Par la suite, Aurélie devient formatrice en soins cosmétiques. Un détour de trois ans qui lui permet d'acquérir une expérience pédagogique. Mais c'est pour mieux revenir au massage qu'elle souhaite pratiquer et à terme, enseigner. Ce sera le massage ayurvédique, une philosophie autant qu'une technique, encore peu pratiquée dans nos contrées.
Une découverte
Aurélie part donc en août 2008 pour un mois de formation dans une école au sud de l'Inde.
"Une goutte d'eau dans l'océan…" prévient-elle, au regard de l'enseignement en question.
La tradition indienne lui apprend à faire le lien entre le corps et l'esprit.
"Nous sommes tous des êtres divins qui faisons notre expérience d'humain sur terre" dit-on dans cette tradition qui prend en charge l'individu au niveau physique et mental. L'Ayurvéda, né de l'observation de la nature, nous ramène à cette source spirituelle.
L'été suivant, Aurélie retourne se former à Delhi. Cette fois, elle a la chance de suivre un médecin en consultation. Elle découvre les soins par les plantes, ainsi que la pratique des massages selon l'Ayurvéda.
Un acte préventif
Le massage est donc l'une des branches de la médecine ayurvédique. Considéré en Inde comme un acte thérapeutique, il fait partie des remèdes naturels pour être en phase avec soi-même. Avec ces trois objectifs :
purifier l'organisme, relancer les circuits énergétiques, apaiser le mental. Il s'agit de redonner au corps sa propre intelligence, mise à mal par notre manière de vivre et notre environnement.
"Si nous étions tous équilibrés, notre corps pourrait nous prévenir de toutes sortes de maladies, éviter les dépressions, les états de dépendances."
Aurélie met en avant cet aspect préventif dans sa pratique.
"Je voudrais que chacun puisse apprendre à s'écouter."
Le massage en pratique
La séance de massage dure de 45 à 90mn. Celle-ci débute par des exercices de respiration abdominale. Ils permettent à chacun de prendre conscience des sensations dans leur corps, de se concentrer et d'apaiser le mental.
"Il faut éviter de s'éparpiller et se rapprocher un peu de cet être divin dont parlent les védas, les sages." Il importe de bien conserver cette sensation pendant le massage.
Aurélie utilise une huile végétale chaude, différente selon le profil de chacun. Ainsi l'Ayurvéda distingue trois humeurs selon des caractéristiques à la fois physiques, physiologiques et mentales.
"L'objectif, c'est d'aller dénicher les toxines, et de redonner l'énergie vitale, le souffle de vie, le prana ".
Adapter les pratiques
Aurélie est rentrée de son second séjour en Inde avec une conviction, celle d'avoir trouvé sa voie, mais aussi beaucoup de questions.
"Ce que j'ai appris n'est pas forcément applicable en France."
Il s'agit d'adapter les pratiques sans dévoyer l'enseignement indien. Ce que propose le Centre Prema, en région parisienne, auprès duquel elle poursuit sa formation.
Les occidentaux considèrent le massage sous l'angle d'une relaxation brève et superficielle alors que la pratique indienne est beaucoup plus tonique, avec un objectif thérapeutique.
La relaxation n'est pas la seule vertu du massage, c'est l'un des enseignements à transmettre.
Une mémoire du corps
Aurélie veut aider sa clientèle à se recentrer, à conserver longtemps la sensation du massage, et développer ainsi une mémoire du corps.
"Dans le massage, je suis accompagnatrice, le travail c'est le massé qui le fait. A long terme, c'est bien plus qu'une heure de massage que j'offre."
Cette volonté pédagogique fait partie de son projet, en réaction contre des expériences passées. "Quand je travaillais en SPA, je pouvais enchaîner dix massages par jour, sans convictions et sans âme. A présent, je ne peux plus travailler de cette façon. J'y ai gagné l'épanouissement dans mon travail."
Statut et reconnaissance
En septembre 2009, Aurélie intègre un cursus reconnu, l'Institut Européen des Etudes Védiques, avec l'objectif de devenir éducatrice de santé et naturopathe. Ce nouveau statut lui donnera la reconnaissance de thérapeute qui lui manquait, et lui permettra d'élargir sa pratique vers la phytothérapie, avec la possibilité d'utiliser des plantes occidentales.
Mais toutes ces techniques traditionnelles ne bénéficient d'aucune reconnaissance publique, et les diplômes d'Etat n'existent pas pour ces thérapies dites alternatives.
"Nous sommes un des pays les plus fermés sur ce plan, contrairement à l'Allemagne ou l'Italie." Mais elle reste optimiste car le public reconnaît l'apport de ces divers systèmes de soin.
"La consommation à outrance de médicaments, nous avons pris conscience que ce n'est pas une solution."
Un cercle de professionnels
Aurélie a trouvé sa place au sein de Coopaname depuis février 2009. Elle aimerait à présent, former un cercle de professionnels en vue de partager des idées et peut-être du travail.
Professeurs de Yoga, de Tai-chi, sophrologues, ainsi que tous ceux qui oeuvrent au développement personnel sont ses partenaires potentiels.
Un lieu hors la ville
Lorsque sa formation de naturopathe sera achevée, Aurélie souhaite trouver un lieu à la campagne, proposer des stages proche de la nature, et donner à tous la possibilité de se ressourcer hors du contexte urbain. Une belle manière de concrétiser son projet.




