Portraits
Que Tal Paris ?
Le guide des meilleurs plans latinos
Depuis bientôt deux ans Que Tal Paris ? propose aux parisiens et franciliens de les informer sur les événements culturels en lien avec le monde hispanique et latino-américain.
Ce guide mensuel et gratuit a donc vu paraître en juin 2009 son numéro 21, et fêtera à l’automne prochain ses deux ans d’existence.
C’est l’occasion de mettre à l’honneur cette entreprise coopanamienne, ainsi que ses trois créatrices.
En effet, ce guide des meilleurs plans latinos est né de la collaboration entre trois jeunes espagnoles qui se sont retrouvés à Paris pour unir leurs compétences.
Elena Paz a suivi des études de droit et de communication, tandis qu’Esther Sanchez étudiait le journalisme. Toutes deux ont réfléchi plusieurs mois à ce projet de revue, avant d’être rejointes par Ilona Schneider qui a pris en charge la partie commerciale.
Il s’agit de leur première création de presse, et le choix de la coopérative a facilité les choses. « On ne savait pas quelle structure juridique créer. Coopaname était la solution la plus simple pour démarrer notre activité. »
Toute la culture latino
Que trouve-t-on au sommaire de Que Tal Paris ?
D’abord un agenda des sorties incontournables du mois, choix opéré par la rédaction.
Mais la revue n’est pas seulement un calendrier d’événements culturels. Elle se compose d’articles résumant ce qu’il faut savoir d’un artiste ou d’un spectacle. La musique et la danse sont à l’honneur, puis viennent ensuite des pages sur l’actualité latino concernant le cinéma, le théâtre et les livres. Pour ceux qui veulent prendre le large, une rubrique « évasion » met en lumière un pays d’Amérique latine ou une région de la péninsule ibérique. L’on trouvera enfin quelques bonnes adresses de restaurants et divers lieux conviviaux.
Le guide est donc conçu pour les amateurs parisiens de culture hispanique autant que portugaise et brésilienne.
Ecrire et démarcher
Comment se fabrique une telle revue d’informations culturelles ? Quelles sont les différentes étapes à franchir pour boucler le numéro ? Esther nous donne le détail de ce travail chaque mois recommencé.
Tout d’abord, il s’agit de rechercher et collecter l’information, même si le journal est à présent dans les listes des services de communication des principaux lieux culturels.
Ensuite, il faudra faire un choix parmi les nombreux événements du mois à venir.
Mais à côté de ce travail de journaliste, l’on devra également s’acquitter d’une tâche spécifique à la presse gratuite. En effet, la revue est entièrement financée par ses annonceurs. C’est le moment de convaincre les divers programmateurs de spectacle d’acheter un encart publicitaire. Un travail de démarchage toujours long et difficile, mais qui doit porter ses fruits, faute de quoi le journal ne peut paraître.
Même si les annonceurs sont essentiels, l’aspect rédactionnel ne doit pas être négligé et il faut faire de véritables choix éditoriaux. «Il faut penser au grand public. On ne choisit pas seulement en fonction de nos goûts. »
La conception d’une telle revue fait donc appel à des compétences autant journalistiques que commerciales.
Trouver des collaborateurs
Une dizaine de jours est encore nécessaire pour rédiger et chercher les visuels. La rédaction de certains articles peut être confiée à des collaborateurs. L’on envoie le tout au maquettiste, puis vient le temps de la relecture et de l’impression.
« Ensuite l’on reçoit plus de 500 kg de papier, le poids de 20.000 exemplaires. » Il ne peut être question de financer des frais de distribution, trop onéreux. L’équipe met donc à contribution une douzaine de bénévoles pour déposer la revue dans quelques 250 lieux stratégiques.
Il faut dire que l’entreprise manque de moyens humains, quel que soit le type de tâches à effectuer. « On travaille toutes les trois à plein temps, et la revue ne sortirait pas sans l’aide de bénévoles. Il nous faudrait une personne en plus pour la partie commerciale, et des collaborateurs plus nombreux pour écrire les articles. »
Un appel aux coopanamiens a d’ailleurs été lancé avec succès concernant la rédaction.
Lire les gratuits
Comment mesurer la notoriété d’un journal gratuit puisqu’on ne dispose d’aucun chiffre précis de diffusion ? Bien sûr, les annonceurs renouvellent leur soutien lorsqu’ils sont satisfaits. « On peut aussi constater combien il reste d’exemplaires du mois précédent sur les présentoirs. C’est plus difficile de savoir s’ils ont vraiment été lus. Malgré tout, il arrive que l’on entende quelques commentaires de lecteurs. »
Il faut signaler que Que Tal Paris ? est disponible par abonnement, ce qui est utile à ceux qui sont éloignés des points de distribution parisiens.
Continuer le voyage
Malgré ces presque deux ans d’existence, Esther pense que la publication n’a pas atteint sa vitesse de croisière. « Nous ne sommes pas encore assez connus des programmateurs, pas suffisamment dans leurs papiers. » Pour l’instant Que Tal Paris ? continue son chemin avec le projet de renforcer la rubrique consacrée aux voyages.
On ne peut que lui souhaiter bonne route.