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Portraits

Cyril Ananiguian

Images ouvertes

Photographe, Cyril Ananiguian travaille aussi bien pour la presse locale que dans les entreprises et quelquefois pour les particuliers. Cette diversité, il a choisi d’en faire un atout, là où d’autres préfèrent cibler un seul domaine. Une volonté de travailler ses images dans des contextes professionnels très différents qui s’accorde avec le parcours de cet autodidacte.

Photo-reporter, un métier d’équilibre


Cyril apprend la photo en suivant des cours du soir parisien. Mais ses premières expériences professionnelles vont se dérouler au Liban, pays ou il a vécu, il y a une douzaine d’années.

 - © Cyril Ananiguian

Le marché du travail était moins saturé qu’en France. On est amené à travailler rapidement, et à publier des photos. Un magazine hebdomadaire de société, le plus important du pays en langue française, lui permet de débuter dans la photo de presse. Il travaille aussi pour un mensuel féminin. Le voici d’emblée confronté à des sujets fort divers, de l’actualité à la mode et aux loisirs. Au sein d’une rédaction, il apporte une vision en image sur des sujets graves ou plus légers, et se forge un œil de journaliste. Une photo de presse doit apporter de l’information tout en conservant un intérêt artistique. Il lui faudra donc trouver cet équilibre délicat entre la part de l’artiste et celle du journaliste.

Une recherche transversale


Les rencontres professionnelles vont bientôt lui permettre de travailler comme assistant d’un photographe de studio, et de compléter son expérience.
J’ai appris mon métier avec des photographes qu’on peut appeler à l’ancienne, et qui faisaient aussi bien du studio, du reportage, et des plaquettes pour les entreprises. Ils avaient une approche transversale du métier. Fidèle à cette option, Cyril évite de trop se spécialiser. Il est conscient que son profil est devenu un peu marginal dans une profession à présent très sectorisée. Mais il sait aussi que ce parti pris lui apporte une grande liberté de création. Pour Cyril, il existe toujours une circulation, un va et vient d’idées entre ses différents travaux : Je ne délaisse pas l’un au profit de l’autre. Ma vision va se renouveler parce que j’aime travailler dans les divers secteurs de la photo.
Mais quel lien peut-on établir entre l’image d’un produit pour un catalogue d’entreprise et un reportage pour un journal local ?
Je ne peux pas dire que je fais le lien directement. Mais je vais aborder toutes ces images différemment, et parfois produire un renouveau, dans un sens ou dans l’autre.

Faiseur d’images


Lorsqu’il revient en France, il y a huit ans, il ne trouve pas si facilement du travail. Durant cette période, Cyril ne cesse pas d’être photographe même quand il n’en vit pas.
En France, je ne savais pas comment me frayer un chemin. Jusqu’à son intégration à Coopaname qui lui ouvre des perspectives. Il y découvre un vivier d’activités semblable à celui ou il aime évoluer en tant que photographe.
C’est magique de pouvoir rencontrer 300 métiers, et autant de façons différentes de les exercer. Et le fait d’être dans une coopérative, cela a du sens, à faire valoir auprès de certains clients.
A présent, Cyril se partage entre le reportage pour des journaux de collectivités locales et les entreprises qui veulent communiquer sur leurs produits et services. Il se demande ce qu’il peut leur apporter en tant que faiseur d’images.
Il y a ceux qui ont une idée très arrêtée de ce qu’ils veulent, et ceux qui me laissent plus de latitude. En entreprise, Cyril doit satisfaire la demande du client, sans oublier de proposer une vision plus personnelle. Dés qu’il y a association d’un produit et d’une idée, je peux apporter une part de création visuelle.

Les chemins de traverses


Cyril aimerait-il explorer encore un secteur de la photographie ?
De 20 à 26 ans, j’ai voyagé : le Brésil, l’Ethiopie, les Etats-Unis. Il y avait alors, dans l’édition, une vogue des carnets de voyage. Un domaine ou il a aussi des choses à montrer. Ces images s’accorderont-elles avec un texte, et le tout formera t-il un récit ?
Un voyage peut prendre un sens seulement quelques années plus tard. Je ressortirais ces travaux un jour ; je laisse décanter. Ce qui lui manque, c’est la photo de voyage, en magazine. Il se peut qu’elle apparaisse dans son offre de services.

Cyril continue à s’imprégner de tous les genres, et tous les métiers de la photo.
Pour finir, je demande ce que signifie taswir, le nom de son site internet. Un mot arabe qui veut simplement dire photographie, et qui lui permet de rappeler une double culture.

En savoir plus : www.taswir.fr